Baptême d'une cloche

Le baptême d'une cloche


Le baptême de la cloche "LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT" à Saint Laurent sur Sèvre fut un moment émouvant. Nous Laissons la parole à monsieur le maire Guy-Marie MAUDET qui nous dit son impression sur cette journée.

Le dimanche 11 décembre, la messe dominicale officiée par Monseigneur CASTET et animée par la chorale paroissiale et le chœur de jeunes de l’Institut Musical de Vendée, a été l’occasion de la bénédiction d’une nouvelle cloche, suivie de la réception des travaux engagés sur le clocher depuis le mois de septembre. Messieurs Vincent NIQUET, Secrétaire général de la Préfecture, Bruno RETAILLEAU, Sénateur et Président du Conseil Régional, Guillaume JEAN, Conseiller départemental et Vincent LAUMAILLE, campaniste, ont tous exprimé leur satisfaction d’être présents. Je vous livre quelques extraits de mon intervention :

C’est impressionnant d’être là ce matin devant cette grande assemblée réunie ici dans ce sanctuaire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, un prêtre qui a marqué l’histoire de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Notre commune est connue dans le monde entier grâce au rayonnement des 3 communautés religieuses (pas moins de 26 pays représentés le 28 avril 2016 à la fête du tricentenaire). Elle l’est aussi pour être un lieu d’éducation avec plus de 1600 jeunes scolarisés. Par ailleurs, si Saint-Laurent est une jolie commune traversée par la Sèvre Nantaise avec de nombreux chemins de randonnée dans le bocage du canton de Mortagne-sur-Sèvre, elle est aussi remarquée par ses nombreux clochers qui interrogent et attirent le regard des touristes. Les 7 clochers abritent pour la plupart des cloches toutes invisibles, mais tout en haut, elles diffusent au loin des sons qui ont rythmé et continuent de rythmer notre vie quotidienne, profane et sacrée par les sonneries horaires, celles des offices, des glas, des mariages, des fêtes et aussi, par leur silence avant Pâques. Pour nous, Pâques 2017 sera l’heure du nouveau carillon avec 5 cloches, puisque le bourdon sera de retour après réparation. En attendant, les 4 autres cloches seront remontées dans le clocher pour Noël.

Restons sur le clocher de la basilique ! Un état des lieux révéla en effet que des travaux indispensables devaient être réalisés pour préserver l’ensemble des équipements : beffroi, cloches, charpente, etc. Par mesure de sécurité, il nous fut aussi demandé d’arrêter la plus grosse cloche, le bourdon. La Commune propriétaire de l’édifice, soucieuse de son patrimoine, inscrivit donc au budget la restauration et la mise en sécurité du clocher avec en plus, la pose de grilles pour empêcher les pigeons de pénétrer dans le bâti, les fientes de ces volatiles étant à l’origine des dégradations. Puis, les choses se sont accélérées au contact du campaniste retenu et de la paroisse. Et si nous ajoutions une nouvelle cloche pour compléter le carillon ? Ce projet de cinquième cloche, déjà imaginé en 1901, mais abandonné faute de moyens, va marquer le tricentenaire de la mort de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Excellente idée partagée par une cinquantaine de donateurs, les 3 communautés religieuses, l’évêché, la Paroisse, le Département, la Communauté de Communes, la Commune et la Fondation du Patrimoine, ce qui permet de collecter à ce jour quelque 68 000 €, auxquels s’ajoutent pour la restauration et la réparation du bourdon, une subvention de 45 000 € de l’Etat et une de 45 000 € du Conseil Départemental. Le coût total de l’opération s’élève à 240 000 €, soit 54 000 € pour la nouvelle cloche, 158 000 € pour la restauration de la chambre des cloches et de l’horloge mécanique, et enfin, 28 000 € pour la réparation du bourdon. Il reste à la charge de la Commune quelque 82 000 €, TVA comprise.

Au final, un projet imprévu, mais très enrichissant !

Un hommage à un homme d’exception Saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui, 300 ans plus tard, réunit et reste toujours fédérateur !

Un projet mobilisateur autour de toutes les sensibilités laïques et non laïques pour la sauvegarde de notre patrimoine et donc, un vrai sujet de communication, de pédagogie auprès du public et de quelque 350 jeunes qui sont venus à la basilique.

C’est la découverte de l’art campanaire, de son vocabulaire spécifique, de ses multiples métiers, dont celui de campaniste, et celle d’un savoir-faire ancestral et artisanal à la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles.

C’est l’appréhension d’une histoire souvent méconnue : la cloche est bien l’un des plus vieux instruments sonores, un outil de communication, que l’on assimile à une personne avec une marraine, en l’occurrence Marie CARABIN, et un parrain, le Frère Michel LE GALL.

Enfin, la cloche reste et restera omniprésente dans notre quotidien, sans compter les nombreuses expressions : « Qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son », « avoir le bourdon » ou encore « esprit de clocher ». Merci, un grand merci à tous les acteurs !